Salon incontournable des professionnels de la gastronomie, l’EGAST 2026 a une nouvelle fois mis à l’honneur le savoir-faire régional. Entre rencontres avec les brasseurs et dégustations sur les stands, les échanges étaient nombreux. Et au milieu de cette effervescence, deux bières ont particulièrement retenu notre attention.

Licorne Grand Cru
À voir l’engouement autour du corner Licorne Grand Cru lors de l’EGAST 2026, il était impossible de passer à côté. Le brasseur savernois a fait sensation avec une bière qui intrigue autant les biérologues avertis que les amateurs curieux de toutes générations.

À la dégustation, les yeux fermés, le doute est permis : certains pourraient croire déguster un crémant….Et pour cause : la levure utilisée est une levure champenoise, Saccharomyces bayanus, plus rare dans nos cuves que ses lointaines cousines Pastorianus, Cerevisae ou Brett’. Au delà de l’argument marketing, ce choix technique confère à la bière une signature aromatique et une texture singulières.
On retrouve ainsi une effervescence fine et une robe évoquant les vins pétillants alsaciens. L’alcool, affiché à 6,9 %, est proche de certaines Clairette de Die ou cidre. La mousse, blanche et dense, rappelle néanmoins l’identité brassicole du produit. Un bel équilibre entre deux mondes.

Impossible également de ne pas mentionner le soin apporté au flacon. Si le produit avait connu une première vie en 2012 — avec un degré d’alcool plus faible et un positionnement encore en devenir, notamment lors d’une apparition au Festival de Cannes —, la version 2025 marque une véritable montée en gamme. La bouteille, de type champenoise, habillée d’une capsule noire, est déclinée en deux formats et affirme clairement son positionnement premium. Pensée pour la gastronomie, cette bière s’impose comme un partenaire de choix pour les accords mets-bière.

À produit d’exception, distribution sélective : Licorne fait ici le choix de l’exclusivité, avec une présence limitée chez quelques cavistes et sur les tables gastronomiques, sans passage par la grande distribution. Une stratégie qui rappelle le travail pionnier mené à la fin des années 1990 par Rina Muller, figure emblématique de Schutzenberger, qui avait su faire entrer la bière sur les grandes tables avec la Jubilator.
Et pour les amateurs d’histoire brassicole américaine, la Cité des Brasseurs propose au brasseur savernois un slogan Made in USA originaire de Milwaukee :
Licorne, the Alsatian Champagne of Beer !

Perle Rosée
À l’approche de l’été, difficile d’ignorer l’essor des bières rosées. Les brasseurs alsaciens s’emparent pleinement de cette tendance, dans le sillage de références comme la Rosée de Bruxelles — largement plébiscitée, notamment lors de la dernière Fête de la bière de Schiltigheim avec plus de 2 200 litres consommés (première place au podium ; Les frères Ehrhardt n’en reviendraient sans doute pas !)
Dans cette dynamique, nos maisons régionales — Meteor, Fischer ou encore Perle — proposent désormais leur interprétation. Et parmi elles, la Perle Rosée se distingue particulièrement.

Sans doute l’une des versions les moins sucrées du marché alsacien, elle séduit par sa justesse. Ici, pas de surcharge aromatique : les notes de petits fruits rouges sont fines, aussi portées par le houblon Barbe Rouge. L’équilibre entre le fruité et une légère acidité est maîtrisé, offrant une bière rafraîchissante et estivale (4,2%).
Une réussite qui confirme le savoir-faire de la brasserie Perle et sa capacité à s’inscrire dans les tendances tout en conservant une vraie exigence de qualité. Elle plaira même à l’amateur de bière qui « n’aime pas les bières aromatisées aux fruits », c’est dire !
Sgilt !
L’abus de l’alcool est dangereux à la santé. À consommer avec modération.